Il y a quelques semaines, les médias se sont fait l’écho d’une interview de Marie Favrot de l’AFSSA et de Marc Montreux sur la mise en place du système de vigilance sur les compléments alimentaires et les produits diététiques destinés à l’alimentation particulière. Ce dispositif avait été annoncé en juillet 2009 dans la loi n°2009-879 du 31/07/2009. Nous vous l’avions indiqué dans notre revue de presse du 24 septembre et c’est une bonne chose.
Il était certainement nécessaire de rappeler aux consommateurs, qu’il existe des bons produits et des mauvais produits, qu’il existe des produits dont l’efficacité a été bien démontrée scientifiquement mais que d’autres sont plus basés sur un effet supposé ou sur une utilisation basée sur la tradition.
Il était important de préciser que les doses de certains nutriments et micronutriments ne doivent pas être dépassées au-delà d’un seuil limite dit de sécurité pour ne pas accroitre le ratio risque/bénéfice et que dans le cas de situations individuelles particulières(fumeurs), les limites de sécurité peuvent même être abaissées.
Quelques médecins et chercheurs en nutrition, interviewés sur les radios ont saisi l’occasion pour jeter le discrédit ces produits. « Les compléments alimentaires ne servent à rien… sauf ceux qui sont prescrits par les médecins comme les compléments alimentaires pour les DLMA ou ceux pour les infections urinaires. Il est intéressant de faire remarquer à ces médecins que ces produits sont prescrits à plus de 54% par leurs confrères et les professionnels de santé et vendus en majorité en pharmacie.
J’ai pu lire dans le Télégramme de Brest du vendredi 30 octobre : « certains compléments alimentaires à base d’extraits de thé vert pourraient provoquer des atteintes au foie, selon un expert qui n’a pas souhaité être identifié », ou encore cette phrase attribuée à Marc Montreux « des accidents aigus graves sont rapportés, mais il est encore trop tôt pour que nous soyons certains que les compléments alimentaires soient les uniques responsables ».
Nous avons tous besoins aujourd’hui d’augmenter nos connaissances sur ces produits et leur intérêt réel. Je ne crois pas que leur stigmatisation générale soit la réelle voie pour y arriver. Peut être de simples mentions sur les étiquetages suffiraient à informer le consommateur du niveau de pertinence du produit. Que les médecins se rappellent qu’il y a quelques années, nombreux étaient les médicaments accompagnés de l’expression : n’a pas d’effet démontré.
Loïc ROGER