Cette question est parfaitement d'actualité à un moment où beaucoup de personnes misent sur un regain de la consommation des compléments alimentaires parmi nos compatriotes alors que les données chiffrées du marché ne démontrent pas une augmentation de la consommation générale. Le terme de « consommateurs » serait presque péjoratif pour des personnes qui prennent leur santé en main en allant soit dans des pharmacies, soit dans des magasins spécialisés, soit encore sur Internet acheter des produits auxquels ils associent des vertus, conscients que leur consommation quotidienne ne permet pas de satisfaire à l'ensemble des besoins de leur organisme.
Le terme de « consommateurs », souvent galvaudé, devrait évoluer pour les compléments alimentaires vers des « consomme-acteurs ».
Nous sommes à la croisée des chemins…Les compléments alimentaires sont-ils à considérer comme des produits entrant dans une politique générale de santé ou comme étant réduits à rester des produits du domaine du bien-être ou du mieux-être ?
Contrairement à beaucoup d'idées reçues, les compléments alimentaires font l'objet d'une réglementation extrêmement complexe et notamment depuis la directive européenne de 2002 transposée en droit français par le décret 2006-352 datant de 2006.
Par ailleurs, les compléments alimentaires sont soumis aux règles générales des denrées alimentaires en ce qui concerne les mentions d'étiquetage, les allégations, les additifs, etc… Les compléments alimentaires sont mis sur le marché sous le contrôle de la DGCCRF qui est gestionnaire du risque mais il ne faut pas négliger les autres autorités de tutelle que sont la direction générale de la santé, la direction générale de l'alimentation et le rôle de l’Anses, notamment en matière de Nutrivigilance.
La profession évolue elle-aussi. Consciente que la sécurité du consommateur est une priorité, une Charte de qualité des compléments alimentaires a été rédigée et actualisée par le Syndicat national des compléments alimentaires (SYNADIET). Ce document sert aux inspecteurs des directions départementales et a été étendu en 2011 aux compléments alimentaires bio.
La profession se responsabilise. Elle est, par l'intermédiaire de son Syndicat, un interlocuteur crédible auprès des autorités. Elle attend en retour que les allégations nutritionnelles et de santé qui sont adoptées au niveau européen (règlement 1924/2006) permettent d'informer les consommateurs d'une manière compréhensible sur les bénéfices des produits mis légalement sur le marché comme compléments alimentaires.
Ces bénéfices attendus, amènent les entreprises à faire de plus en plus de recherche et développement sur des produits, et la France, en plus d'être un terrain innovant dans ce domaine, est aussi un exportateur non négligeable.
Quelle sera la place des compléments alimentaires dans la consommation des Français en 2012 ? La présente lettre permet d'apporter des éléments de réponse.