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Points de vue

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N°7 - Eau et alimentation infantile

L'eau à l'école, un frein au développement de l'obésité infantile ?
Par Valérie DIOT
Consultante indépendante auprès des acteurs de la restauration, accompagnement marketing au service de l'alimentation durable

 

15% des enfants français de 3 à 17 ans sont en surpoids ou en obésité infantile selon l’OCDE (1). Ce chiffre ne nous classe pas parmi les plus mauvais de la classe, cependant ce pourcentage continue à croitre de manière significative chaque année.

Dans le même temps et pour lutter notamment contre l'obésité, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a recommandé en mars 2015 (2) de « limiter la consommation de sucres libres ou cachés à moins de 10 % de la ration énergétique journalière » soit 150 calories pour un enfant.

Quelles sont les causes principales de l’obésité infantile ?

L’augmentation de la consommation des boissons sucrées est rendue en grande partie responsable; mais tous les produits de cette catégorie ne sont pas logés à la même enseigne. Certains tels que les sodas, les colas sont montrés du doigt, d’autres produits jouissent d’une image plus acceptable parce que naturels, plus sains, plus proches du fruit... Pourtant les smoothies, les nectars, les jus de fruits ont souvent des teneurs comparables en sucres.

Encore plus fort, parce que l’eau plate est moins attractive, on a vu arriver les aromatiseurs ou rehausseurs de goût liquide qui viennent « enchanter » l’eau. Stockables à température ambiante, ils s’emportent partout avec soi. Cela fonctionne très bien aux Etats Unis, nous dit on…

Au delà de telle ou telle catégorie de produit plus acceptable l’une que l’autre, c’est du côté des usages qu’il faut regarder et que se situe l’inquiétude.

Qui n’a pas observé sur la table du repas familial, la bouteille de jus de fruits cohabitant avec celle de l’eau, parce que les « enfants aiment ». Quel adolescent achète une bouteille d’eau pour se rafraichir face à un distributeur automatique, lorsque celui ci en propose !

Tout se passe comme si la consommation d’eau sans goût, sans sucre ne suffisait plus, entrouvrant ainsi une brèche vers de nouvelles accoutumances. Sans pour autant renoncer à ces boissons, il faut rappeler que seule l’eau permet à l’organisme d’être correctement hydraté et à l’enfant de recevoir en grande partie les sels minéraux nécessaires à son développement.

Quelles solutions proposer ?

Les habitudes alimentaires se prennent dès le plus jeune âge et déterminent dans une large mesure le comportement alimentaire futur. L’école et la restauration collective ont un rôle clé à jouer dans ce domaine en y impliquant les parents.

Les actions favorisant la consommation d’eau au travers de laits, de jus de fruits sont mises en place dans les établissements et la loi interdit depuis 2004 la présence dans tous les établissements scolaires de distributeurs automatiques de boissons payants et accessibles aux élèves (3).

Mais contrairement à certains de nos voisins européens, il existe trop peu de campagnes de sensibilisations à la consommation d’eau à visée éducative : fontaine à eau en libre service dans les établissements, dégustation d’eaux autour de bars à eaux, atelier goûter idéal… Dans le même temps, les embouteilleurs d’eau ne sont pas en reste puisqu’ils ont depuis longtemps délaissé le groupe cible des enfants et des adolescents tant dans leur offre que dans leur communication.

 

(1) Indicateurs de l’OCDE, 27 mai 2014, http://www.oecd.org/health/obesity-update.htm.
(2) L’OMS appelle les pays à réduire l’apport en sucres chez l’adulte et l’enfant, http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/sugar-guideline/fr
(3) Article 30 de la loi de santé publique 2004-806 du 09 août 2004.


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